KUNG FU SHAOLIN

Chacun veut se rapprocher du meilleur style de Kung Fu ou du plus traditionnel.
C’est pourquoi, il nous semble important de vous présenter la pratique des styles de « La Grue Blanche » et du « Long Poing » et le déroulement de son enseignement au sein de notre club, ainsi que l’histoire des Arts Martiaux chinois, importés en Occident depuis une quarantaine d’années, au sujet desquels de nombreuses questions persistent.

Voici quelques précisions sur le Kung Fu :

  • Qu’est-ce-que le « Kung-fu » et le « Wushu » ?
  • N’y a-t-il qu’un seul style ?
  • Est-ce que je peux apprendre les Arts Martiaux traditionnels ?
  • Le développement des Arts Martiaux en Chine, et essentiellement à Shaolin.
  • Les Arts Martiaux apparaîssent en Occident.

Qu’est-ce-que le « Kung-fu » et le « Wushu » ?

Dans son ouvrage Le Style Yang, Enseignement approfondi de la forme classique, le Dr. Yang Jwing-Ming explique les termes chinois d’« Art Martial » et de « technique de combat ». Grâce aux idéogrammes nous pouvons donc mieux comprendre leur sens profond.

Wushu

L’idéogramme qui désigne le mot « martial » en chinois est constitué de deux clefs : « Zhi » et « Ge ».

« Zhi » se traduit par « arrêter », « cesser » ou « mettre un terme à », et « Ge », par « lance », « harpon » ou « javelot », et concerne les armes en général.

Le terme des Arts Martiaux signifie donc « cesser l’usage des armes ».

« Dans le combat d’aujourd’hui, les techniques du combat individuel portent le nom de « Wushu », qui se traduit par « techniques martiales », ou autrement dit, les techniques qui permettent de faire cesser un combat. Ce qui revient à dire que les Arts Martiaux ont été créés pour stopper les combats plutôt que pour les provoquer. »

Kung Fu

Le mot « Kung » se traduit par « énergie », et « Fu », par « temps ».

Si vous apprenez ou faites quelque chose qui requiert beaucoup de temps et d’efforts, cela peut s’appeler

Kung Fu.

Il peut s’agir de n’importe quel apprentissage particulièrement difficile à accomplir, nécessitant beaucoup de temps et de patience.

N’y a-t-il qu’un seul style ?

Des centaines de styles ont été créés au fil des siècles, certains s’inspirant des techniques de combat d’animaux comme le tigre ou la mante religieuse, le but étant d’emprunter le talent inné de survie de ces espèces.

D’autres styles comme le long poing vont se baser sur des positions corporelles permettant de maintenir l’adversaire à distance.

Les Arts Martiaux qui perdurent aujourd’hui sont ceux qui firent leurs preuves lors des combats militaires. Afin de survivre, chaque style devait comporter quatre types de techniques basiques de combat :

  • de poings,
  • de pieds,
  • la lutte
  • les projections et les Chin-Na.

Est-ce-que je peux apprendre les Arts Martiaux traditionnels ?

Aujourd’hui, l’apprentissage des Arts Martiaux semble être à la portée de tous. Cependant, celui-ci a souvent été donné de façon superficielle : les secrets des techniques de combat étaient si importants à sauvegarder que chaque maître choisissait avec soin ses élèves afin de s’assurer de leur fidélité.

Le développement des Arts Martiaux en Chine et essentiellement à Shaolin.

Da Mo un prince indien, appartenant à l’école bouddhiste du Mahayana, fut invité à se rendre à Canton (où il arriva dans la première moitié du 6ième siècle). L’empereur décida que les théories du prince lui déplaisaient et congédia celui-ci qui se retira au temple de Shaolin.

À son arrivée, Da Mo trouva des prêtres faibles et malades. Il se retira alors pour une méditation de neuf longues années afin de trouver une solution à ce mauvais état de santé. Lorsqu’il revint, il rédigea deux ouvrages :

  • le Yi Jin Jing qui permet la transformation des muscles et tendons
  • le Xi Sui Jing qui permet le nettoyage de la moelle et du cerveau.

Ces formes de Qi Gong ont à la fois optimisé la santé des prêtres mais également leur efficacité dans les combats martiaux.

C’est suite à l’aide qu’apportèrent des moines Shaolin au roi Qin (au début du 7ième siècle), que ceux-ci obtinrent le droit de posséder et entrainer leurs propres soldats. En effet, à cette époque les attaques de brigands face au temple ne se faisaient pas rares et il était donc nécessaire de savoir se défendre.

Ces « moines soldats » étaient appelés « em Seng Bing ».

Pendant les trois cents ans qui suivirent, les moines purent en toute légalité appliquer et approfondir leur art en incluant dans leur programme d’entraînement toute nouvelle forme avec laquelle ils étaient en contact.

Pendant cette période, le temple de Shaolin avait une culture rayonnante et plusieurs maîtres japonais vinrent jusqu’au temple afin de recevoir son enseignement.

Mais à partir de la dynastie des Qing, les Arts Martiaux perdirent de leur force : les empereurs craignant une révolte du peuple sachant pratiquer cet art, ils l’interdirent et c’est dans le plus grand secret que les moines Shaolin continuèrent de s’entrainer.

L’année 1839 – 1840 fut également un choc pour le peuple chinois. En effet, face à la défaite cuisante contre les européens et leurs armes à feu, les chinois commencèrent à douter de leur culture jusqu’à la mépriser, abandonnant ainsi les Arts Martiaux.

Quelques maîtres subsistèrent et dans la première moitié du XXième siècle, cet art fut remis au goût du jour.

Cependant, la seconde guerre mondiale et l’installation des Communistes au pouvoir à nouveau fin à cette pratique.

Ce n’est qu’avec la prise de conscience d’une perte de l’essence même des Arts Martiaux que, dans les années 1980, l’État tenta d’ouvrir des écoles. Mais les rares maîtres survivants ne souhaitaient plus partager leurs connaissances avec des dirigeants envers qui ils n’avaient plus confiance.

Lorsque la Chine voulut intégrer les Arts Martiaux aux Jeux Olympiques, elle redoubla d’efforts envers les pratiquants notamment en offrant de nouveaux bâtiments au temple de Shaolin, avec la mise en place de programmes d’entrainement dans le monde entier et avec la recherche des anciens maîtres afin de retranscrire sous forme de films et de livres leurs connaissances.

Malgré une forte volonté de sauvegarde, il faut bien être conscient que le fruit de travaux centenaires s’est perdu en quelques décennies et qu’à moins de retrouver de jeunes gens suffisamment impliqués pour travailler leur art et destiner leurs vies à cette recherche, plus jamais nous n’aurons accès à cette expérience et cette connaissance.

Maître Yang Jwing-Ming précise dans son ouvrage Le Style Yang, Enseignement approfondi de la forme classique qu’aujourd’hui, la pratique des Arts Martiaux n’a plus d’utilité pour la guerre et que les chances de devoir les utiliser en auto-défense ont été très réduites.

Il est donc clair, que c’est l’esprit de ces arts qui maintenant importe :

« On peut se discipliner et élever sa compréhension de la vie à un haut niveau de spiritualité. Cet apprentissage nous permet aussi de nous maintenir en bonne santé, aussi bien physique que mentale. »

Les Arts Martiaux apparaissent en Occident

Les Arts Martiaux furent introduits en Occident par la pratique du Judo et du Karaté depuis les années 1940 mais la culture chinoise était jalousement gardée secrète. Avec les films de Bruce Lee, les occidentaux eurent accès aux concepts généraux ainsi qu’à la philosophie des Arts Martiaux chinois. À partir de cette époque, les cinéastes américains utilisèrent le Kung Fu, mélangé à d’autres techniques martiales, pour réaliser leurs films et touchèrent ainsi de plus en plus de monde. Mais c’est essentiellement avec la fin de la guerre du Vietnam, que l’Asie ouvrit ses portes et que les échanges purent se faire : des maîtres vinrent à l’Ouest tandis que des médecins, scientifiques et sportifs occidentaux se rendirent en Chine.

L’Europe fut cependant désavantagée par rapport aux États-Unis car peu de maîtres choisirent de s’y installer. À partir des années 1980, les pratiquants européens se rendirent sur place pour réaliser de courts stages intensifs d’enseignement authentique.